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June 9, 2008

CANADA: Righting Wrongs Through Truth


Alejandra Vega/AFP/Getty Images

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By Mariclaire Acosta

On June 11, when he addresses the House of Commons, Prime Minister Harper has the opportunity to help right some of the wrongs Canada committed against its own citizens through the Indian Residential School system. Every Canadian has a stake in his formal apology to the nation's Aboriginal peoples, for no citizen is wholly untouched by the country's past.

Mr. Harper should not use euphemisms in describing the harm the state inflicted through the government programs to "civilize" the country's indigenous population through forced assimilation. Beginning in the late Nineteenth Century, authorities forcibly took Aboriginal children from their families and placed them in church- and state-run institutions that sought to change the children's cultural identity.

School officials prohibited children from using their language and their names. Accounts by thousands of former students as well as decades of litigation have documented beyond all doubt that many children were beaten and sexually molested, as part of a system of appalling cruelty. Innocent children were subjected to physical and emotional abuse for the sole reason of their identity as Inuit, Métis or First Nations. Authorities did not close the last of the schools until 1996.

The policy of forced assimilation was a crime. If it had occurred in other countries, Canadians would readily recognize it as an abuse of human rights. Mr. Harper should call that history for what it is - a criminal past. What would other citizens feel if the state had taken them from their families to impose a language they couldn't speak and a culture they did not comprehend?

To apologize can be a step toward reconciliation. If offered with commitment and compassion, honesty and courage, the government's apology can also be an example to other nations trying to transform tragic parts of their history into lessons for society.

Mr. Harper should use the formal apology to make clear that the government will fully support the independent operations of the Truth and Reconciliation Commission that officially began work June 1. It faces the significant challenge of recovering the truth and understanding the full impact of the residential schools, but its work can be a way to acknowledge the dignity and rights of victims, survivors, their communities and their culture. It should be a forum where the survivors' voices can be heard respectfully and can reach a larger, national audience. All of Canada will benefit if the government makes clear that the commission's work is a high national priority.

Work by truth commissions elsewhere hint at how much can be gained. South Africa's Truth and Reconciliation Commission helped give victims a national audience by actively engaging the press, and improved the nation's understanding of the darkest chapters of its own history. In Peru, a national truth commission responded to the initial distrust of indigenous peoples by traveling community to community to gain the population's confidence. By the time the commission completed its report in 2003, more than 17,000 victims of armed conflict had testified.

An apology should be part of a broader process aimed at not only the people who attended the residential schools but also their children and grandchildren, who have been affected by the legacies of forced assimilation. An apology can help give greater meaning to the reconciliation effort agreed upon in 2006 by the Canadian government, churches, the Assembly of First Nations and Inuit representatives, an agreement that calls for creation of a research center and also payment of reparations to former students.

Canada owes former residential school students tangible benefits as concrete recognition of injustices that permanently damaged communities and entire cultures. Mr. Harper's apology can be an important step toward recognition of these wrongs. The next step is for Canadians - all Canadians - to acknowledge this chapter of their nation's history and vow - for the entire nation's sake -- to seek both the truth and reconciliation.

Mariclaire Acosta is director of the Americas Program at the International Center for Transitional Justice, which assists countries pursing accountability for human rights abuses.

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Réparer des dommages grâce à la Vérité

Mariclaire Acosta

NEW YORK - Le 11 juin, lorsqu'il se dirigera à la Chambre des Communes, le Premier Ministre Harper aura la possibilité de réparer quelques uns des dommages que le Canada a perpétrés contre ses propres citoyens à travers le Système Scolaire Résidentiel Indien. Chaque Canadien est concerné par ses excuses formelles aux peuples indigènes de la nation, parce qu'aucun citoyen n'est complètement indifférent au passé de son pays.

Mr. Harper ne devrait pas employer d'euphémismes pour décrire les dommages infligés par les programmes gouvernementaux pour « civiliser » la population indigène du pays à travers l'assimilation forcée. Dès la fin 19ème siècle, les autorités ont soustrait de force des enfants indigènes à leurs familles pour les placer dans des établissements gérés par l'église - et l'Etat - qui cherchaient à modifier leur identité culturelle.

Les fonctionnaires interdisaient aux enfants d'utiliser leur langue et leurs noms. Les récits de milliers d'anciens élèves ainsi que des décennies de litige ont apporté la preuve que beaucoup d'enfants ont été battus et harcelés sexuellement, méthodes qui faisaient partie d'un système d'une cruauté effroyable. Des enfants innocents ont été soumis à des abus physiques et mentaux pour la simple raison de leur identité Inuit, Métis ou Premières Nations. Les autorités n'ont fermé les dernières écoles qu'en 1996.

La politique d'assimilation forcée était un crime. S'il s'était produit dans un autre pays, les Canadiens l'auraient aisément reconnu comme une violation des droits humains. Mr. Harper devrait faire référence à ce passé pour ce qu'il est: un passé criminel. Comment se sentiraient d'autres citoyens si l'Etat les avait enlevé à leurs familles pour leur imposer une langue qu'ils ne pouvaient pas parler et une culture qu'ils ne comprenaient pas ?

Présenter des excuses peut être une étape vers la réconciliation. Si elles sont données avec un sens profond d'engagement et compassion, d'honnêteté et de courage, les excuses du gouvernement peuvent également être un exemple pour d'autres pays qui essayent de transformer des pans tragiques de leur histoire en une leçon pour la société.

Mr. Harper devrait utiliser ces excuses formelles pour garantir que le gouvernement approuvera pleinement les activités indépendantes de la Commission de Vérité et Réconciliation que a commencé officiellement à travailler le 1er juin. La Commission doit relever le défi de faire le jour sur les écoles résidentielles et comprendre pleinement leur impact, mais son travail peut être également une manière de reconnaître la dignité et les droits des victimes, des survivants, de leurs communautés et de leur culture. Ce devrait être un forum où les voix des survivants peuvent être entendues avec respect et peuvent atteindre un auditoire national plus grand. Si le gouvernement précise clairement que le travail de la commission est une haute priorité nationale, tout le Canada en bénéficiera.

Le travail des commissions de vérité dans d'autres pays laisse voir combien ce genre de processus permet de gagner. La Commission de Vérité et Réconciliation d'Afrique du Sud a donné aux victimes la possibilité d'accéder à un auditoire national en engageant activement les médias dans le processus et a permis que la nation comprenne mieux les chapitres les plus sombres de sa propre histoire. Au Pérou, une commission de vérité nationale a répondu à la méfiance initiale des populations indigènes en voyageant de communauté en communauté pour gagner leur confiance. Avant que la commission n'ait terminé son rapport en 2003, plus de 17000 victimes du conflit armé avaient donné leurs témoignages.

Les excuses devraient faire partie d'un processus plus large visant non seulement les personnes qui ont concourues aux écoles résidentielles mais également leurs enfants et petits-enfants, qui ont été affectés par l'héritage de l'assimilation obligatoire. Des excuses peuvent aider à donner une plus grande signification à l'effort de réconciliation convenu en 2006 par le gouvernement canadien, les églises et les représentants de l'Assemblée des Premières Nations et des Inuit, accord qui réclame la création d'un centre de recherches et également le paiement de réparations aux anciens élèves.

Le Canada doit aux anciens élèves des écoles résidentielles des bénéfices tangibles, matérialisation de la reconnaissance des injustices qui ont endommagées de manière permanente des communautés et cultures entières. Les excuses de M. Harper peuvent être une étape importante vers la reconnaissance de ces dommages. La prochaine étape pour les Canadiens - tous les Canadiens - est de reconnaître ce chapitre de l'histoire de leur nation et appeler de leur vou - dans l'intérêt de toute la nation - la recherche de la vérité et de la réconciliation.

Mariclaire Acosta est la directrice du Programme des Amériques du Centre International pour la Justice Transitionnelle, qui aide les pays qui cherchent à établir des responsabilités pour violations massives des droits de l'homme.

Photo: Bogota, Colombia, July 2007. Canadian Prime Minister Stephen Harper talks during a press conference at the presidential palace in Bogota on a two-day official visit.

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