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Les approches en matière de réparations en Afrique et en Europe : Rapport du séminaire d'experts UA-UE sur la justice transitionnelle tenu à Abuja, Nigéria, en juin 2025
Le séminaire d’experts UA-UE 2025 sur la justice transitionnelle a réuni des praticiens africains et européens afin de promouvoir les réparations comme pilier central de la justice transitionnelle. Les discussions ont mis en lumière les obligations juridiques, les approches centrées sur les victimes et transformatrices, ainsi que les défis persistants en matière de conception, de financement et de mise en œuvre. S’appuyant sur des expériences comparatives, les participants ont souligné la nécessité de programmes inclusifs, sensibles au genre et pilotés par les communautés ; de mécanismes de financement innovants ; et d’une coopération UA-UE renforcée pour garantir des réparations significatives, la redevabilité et une paix durable.
Le séminaire d’experts Union africaine (UA) - Union européenne (UE) sur la justice transitionnelle, qui s’est tenu à Abuja les 19 et 20 juin 2025, a réuni des décideurs politiques, des praticiens, des universitaires et des acteurs de la société civile d’Afrique et d’Europe afin de promouvoir le dialogue et la coopération sur les réparations, pierre angulaire de la justice transitionnelle. S’inscrivant dans le cadre du thème de l’Union africaine pour 2025, « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine », le séminaire a souligné que les réparations constituent à la fois une obligation juridique et un impératif moral, essentiels pour restaurer la dignité, lutter contre les inégalités structurelles et instaurer une paix durable.
Tout au long des sessions, les participants ont réaffirmé que les réparations doivent être inclusives, transformatrices et centrées sur les victimes. Les discussions ont souligné l'importance de prendre en compte non seulement les préjudices immédiats, mais aussi les injustices historiques, notamment l'esclavage, le colonialisme et l'exclusion systémique. Des expériences comparatives en Afrique et en Europe ont illustré les progrès accomplis et les difficultés persistantes liées à la conception et à la mise en œuvre de programmes de réparations, notamment en ce qui concerne les critères d'admissibilité, l'inclusion des groupes marginalisés, la volonté politique et le financement.
Un large consensus s'est dégagé quant à la nécessité de mécanismes de financement novateurs et durables. Les participants ont examiné des options telles que le recouvrement d'actifs, l'allègement de la dette, la responsabilisation des entreprises et les allocations budgétaires nationales, soulignant que le manque de ressources relève souvent d'un choix politique plutôt que d'une question de faisabilité. Parallèlement, le séminaire a mis en lumière l'importance d'intégrer la réadaptation, le soutien à la santé mentale et à la guérison communautaire dans les cadres de réparation, ainsi que des approches transformatrices en matière d'égalité des sexes qui prennent en compte les préjudices spécifiques subis par les femmes et les filles.
Le rôle de la société civile a été désigné comme essentiel pour la défense des droits des victimes, l'influence sur les processus et la garantie de la redevabilité, notamment dans les contextes où la réponse de l'État est limitée. L'émergence de thèmes tels que la justice environnementale et les préjudices liés au changement climatique a encore élargi le champ du discours sur les réparations.
Le séminaire s'est conclu par un appel à une coopération UA-UE renforcée, à une coordination multilatérale accrue et à un engagement soutenu à traduire les cadres politiques en résultats concrets, axés sur les victimes, qui promeuvent la justice, la réconciliation et la résilience à long terme.