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« Des histoires auxquelles nous donnons vie » : Comment la société civile utilise le récit dans les contextes de justice transitionnelle
Ce rapport de recherche examine comment les acteurs de la société civile impliqués dans les processus de justice transitionnelle présentent et communiquent leur rôle, leur impact et leur valeur. L’étude se concentre sur les acteurs en Colombie, en Gambie et au Kenya, et décrit le contenu, la forme et les publics de leur communication. Elle soutient que la communication narrative des acteurs de la justice transitionnelle peut contribuer à de meilleurs résultats en matière de justice, de paix et de développement si elle est prise au sérieux et bénéficie de ressources adéquates.
Ce rapport de recherche examine comment les acteurs de la société civile impliqués dans les processus de justice transitionnelle décrivent et communiquent leur rôle, leur impact et leur valeur. Il se concentre sur les acteurs en Colombie, en Gambie et au Kenya, et décrit le contenu, la forme et les publics de leur communication.
Les trois pays retenus pour l'étude ont connu différentes formes de violence et de violations graves des droits humains et se trouvent à différents stades de la gestion de leur passé. Chacun possède un contexte narratif distinct, qui recèle néanmoins des discours se recoupant et liés de multiples façons à la paix et au développement à long terme.
Le rapport démontre que les acteurs font preuve d'agilité pour choisir les discours et les récits les plus à même d'atteindre leurs objectifs, de toucher différents publics et de promouvoir leur action, qu'elle soit liée à la justice, aux droits humains, à la paix durable ou aux moyens de subsistance. Ces décisions relatives au cadrage narratif et aux stratégies de communication s'inscrivent dans le contexte d'un processus de justice transitionnelle en constante évolution, mais dépendent également des ressources disponibles, de la formation et de la connaissance des cultures locales.
L’étude montre également que les acteurs individuels construisent des récits au sein d’un paysage narratif plus vaste, où d’autres organisations de la société civile, des institutions étatiques, des communautés et des victimes ont toutes leurs propres objectifs et messages. Si les organisations s’associent souvent pour renforcer leur voix grâce à un récit partagé dans le cadre d’une stratégie d’impact, il existe également, dans chaque contexte national, une négociation permanente concernant la propriété narrative.
Le travail de communication narrative mis en lumière dans ce rapport est d'une importance capitale, et pourtant, il est souvent sous-financé, insuffisamment discuté et insuffisamment étudié. Cela peut s'expliquer en partie par des ressources et des compétences limitées, mais aussi par un manque plus général de pratiques et de réflexions en matière de justice transitionnelle. Si le travail de communication narrative des acteurs de la justice transitionnelle était pris au sérieux et correctement financé, il pourrait contribuer à de meilleurs résultats en matière de justice, de paix et de développement.