La Haye, le 16 septembre 2026 – Alors que le conflit au Soudan entre dans sa quatrième année, les priorités des victimes et des civils soudanais doivent être au cœur des efforts visant à mettre fin aux violences et à instaurer une paix durable. Dans ce contexte, le Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ) et le gouvernement néerlandais organisent aujourd'hui à La Haye une table ronde sur les politiques de défense d'une justice centrée sur les victimes pour une paix durable au Soudan.
Le Soudan est confronté à la plus grave crise humanitaire et de déplacements de population au monde. Depuis le début des combats entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide le 15 avril 2023, des atrocités de masse ont été commises à travers le pays. La famine a été déclarée dans certaines régions et les violences sexuelles sont systématiquement utilisées comme arme de guerre. La Mission internationale indépendante d'établissement des faits des Nations Unies a conclu que les atrocités de masse commises à El-Fasher en octobre 2025 sont des indicateurs d'une dérive génocidaire.
Alors que les efforts internationaux en faveur d'un cessez-le-feu et d'un règlement politique se poursuivent, la justice ne doit pas être négligée. La justice transitionnelle peut contribuer à remédier à des décennies de violations et de griefs non résolus grâce à la recherche de la vérité, à l'obligation de rendre des comptes, aux réparations et à la réforme institutionnelle, tout en restaurant la confiance du public dans les institutions étatiques. L'intégration de la justice transitionnelle dans les processus de paix et politiques est donc essentielle pour briser les cycles de violence et construire une paix juste, inclusive et durable au Soudan.
Cette table ronde réunira des responsables de la société civile soudanaise, des représentants des victimes, des membres de la diaspora, des décideurs politiques, des diplomates et des experts en justice transitionnelle. Forts de plusieurs années de consultation et de travail collectif avec l'ICTJ, les participants soudanais présenteront leurs priorités communes en matière de justice transitionnelle et les conditions essentielles à la paix au Soudan, telles qu'elles sont exposées dans un document de position qu'ils ont élaboré.
« La justice transitionnelle doit être intégrée dès le début des processus de médiation et non traitée comme une question à aborder ultérieurement », a déclaré Kelli Muddell, directrice adjointe des programmes de l'ICTJ. « Nos partenaires soudanais ont abordé ce travail forts d'une connaissance approfondie de leurs communautés et d'une longue expérience en matière de promotion de la justice et des droits humains. Grâce à notre partenariat de ces six dernières années, ils ont également acquis une solide expertise en justice transitionnelle. Ils ont mis cette expertise au service d'un engagement durable auprès des communautés à travers le Soudan. Ils sont donc bien placés pour apporter ces perspectives aux futurs efforts de paix et de médiation. »
Ilaria Martorelli, directrice du programme Soudan de l'ICTJ, a souligné que « la priorité absolue doit être la préparation de la population civile soudanaise. Cela implique d'investir dans une formation continue et un dialogue stratégique entre les victimes et la société civile au Soudan et dans la diaspora. Ce travail devrait contribuer à l'élaboration de positions soudanaises communes sur la justice transitionnelle. C'est pourquoi il est impératif de commencer dès maintenant, même en plein conflit, afin que, lorsqu'une opportunité politique se présentera, la population soit prête. »
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PHOTO : Avant la table ronde, l'équipe de l'ICTJ a projeté le court métrage d'animation « La justice commence avec nous : Histoires du Soudan ». Inspiré de témoignages réels, le film raconte l'histoire d'une jeune fille et de son petit frère contraints de fuir leur foyer lorsque la guerre éclate au Soudan. (ICTJ)