Promouvoir la justice de genre en Ouganda : une évaluation de la politique nationale de justice transitionnelle

Ce rapport examine la prise en compte du genre dans la Politique nationale de justice transitionnelle (PNJT) de l'Ouganda et son potentiel à garantir une justice inclusive aux victimes de conflits. Bien que la PNJT représente une avancée politique majeure, des lacunes subsistent en matière de mise en œuvre, de participation et d'inclusion des femmes. S'appuyant sur des consultations d'experts et des expériences africaines comparatives, le rapport formule des recommandations visant à renforcer la dimension de genre dans la justice transitionnelle en Ouganda.

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Cover the report Advancing Gender Justice in Uganda: An Assessment of the National Transitional Justice Policy

L’adoption de la Politique nationale de justice transitionnelle (PNJT) par l’Ouganda en 2019 a marqué une étape importante dans la quête du pays en matière de responsabilité, de justice et de paix durable. L’Ouganda est devenu le premier pays d’Afrique subsaharienne à élaborer une politique nationale définissant une approche globale de la justice transitionnelle. Formulée après plus d’une décennie de consultations, la PNJT propose un cadre holistique pour traiter les séquelles des violences liées aux conflits à travers cinq piliers essentiels : la justice formelle, la justice traditionnelle, la construction nationale et la réconciliation, l’amnistie et les réparations.

Cette politique reconnaît l'importance de lutter contre les violences faites aux femmes et s'engage à intégrer la dimension de genre, à favoriser leur participation et à développer une approche centrée sur les victimes, fondée sur l'inclusion et l'équité. Ces engagements s'appuient sur des cadres nationaux et internationaux antérieurs, notamment l'Accord sur la responsabilité et la réconciliation et le Plan d'action national de l'Ouganda pour les femmes, la paix et la sécurité. Cependant, les retards persistants dans l'adoption de la législation habilitante par le Parlement font que la PNJT reste largement inappliquée et font craindre que la promesse de justice et de réparations ne soit encore reportée.

Bien que le PNJT représente un progrès, ce rapport constate d’importantes lacunes dans sa prise en compte de l’égalité des genres. Il souligne la nécessité d’une conception plus large et intersectionnelle du genre, qui dépasse la seule perspective des femmes et des filles. Il insiste sur l’importance de s’attaquer aux conséquences sociales, économiques et politiques à long terme des violences sexistes, ainsi qu’aux inégalités structurelles qui entravent l’accès à la justice. S’appuyant sur des consultations d’experts et des expériences africaines comparatives, le rapport formule des recommandations pour renforcer la mise en œuvre d’une approche inclusive du genre, notamment en accélérant l’adoption de législations pertinentes, en mobilisant des ressources adéquates, en clarifiant les réparations, en promouvant une participation effective et en luttant contre les normes néfastes telles que les masculinités militarisées.