L'ICTJ a accompagné plus de 10 victimes soudanaises à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye pour assister aux plaidoiries finales dans l'affaire Le Procureur c. Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman (« Ali Kushayb »). Les plaidoiries ont eu lieu du 11 au 13 décembre. L'ICTJ a aidé la CPI à sélectionner les parties prenantes, qui ont été choisies pour leurs liens étroits avec les communautés affectées.

En avril dernier, le Soudan a célébré un double anniversaire : celui de la révolution de 2019 qui a renversé le régime répressif du président Omar el-Béchir, en place depuis des décennies, et celui du déclenchement en 2023 de la guerre civile qui a ravagé le pays. Ces événements contrastés sont porteurs de grands espoirs et d'une profonde douleur. Ils soulèvent également des questions pressantes : combien de temps le Soudan devra-t-il souffrir alors que l'attention du monde semble détournée ? Combien de temps encore les voix des Soudanais qui aspirent à la paix et à la justice resteront-elles marginalisées ?

Malgré l'ampleur des défis, la société civile soudanaise et les autres acteurs concernés accordent la priorité à la justice transitionnelle, reconnaissant la nécessité de remédier aux injustices passées pour mettre fin au cycle de conflit dans leur pays. L'ICTJ continue de les soutenir dans la conception et l'élaboration de stratégies centrées sur les victimes, sensibles au genre et inclusives. A l'ICTJ, Ilaria Martorelli dirige ces efforts. Dans cet entretien, elle évoque les perspectives d'une paix durable, de responsabilisation et de réparation au Soudan.

Le 6 octobre, la Cour pénale internationale (CPI) a reconnu l'ancien chef de milice Janjawid, Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman (également connu sous le nom d'Ali Kushayb), coupable de 27 chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis au Darfour entre août 2003 et mars 2004. Ce verdict historique met fin aux cycles d'impunité au Soudan et envoie un message fort : ces crimes ne sont pas tolérés.

Tout au long de l'année 2025, les experts de l'ICTJ ont proposé une analyse approfondie des conflits et des principaux développements politiques dans plus de 10 pays, dans le cadre de la lettre d'information « Rapport mondial ». Leurs commentaires ont mis en lumière les obstacles que les victimes, la société civile et leurs partenaires doivent surmonter dans leur quête d'une paix et d'une justice durables. Dans cette édition, nous revenons sur l'année écoulée à travers la rubrique « Expert’s Choice ».

L’ICTJ a récemment réuni des défenseurs des droits humains, des journalistes et des juristes de Libye, du Soudan, de Syrie, de Tunisie et du Yémen pour un atelier sur les enquêtes numériques à partir de sources ouvertes. Organisé du 3 au 8 novembre à Kampala, en Ouganda, ce cours a formé les participants aux outils numériques libres afin de renforcer leur travail d’enquête, de documentation et de suivi des violations des droits humains.

Alors que le monde commémore le troisième anniversaire de la guerre au Soudan, c'est l'occasion de réfléchir à un conflit qui reçoit rarement l'attention médiatique qu'il mérite et de penser aux millions de Soudanais pris au piège des cycles de violence.

« Malgré les lois déjà en place, le nombre de cas de violence sexuelle et sexiste [SGBV] continue d'augmenter, notamment des cas de viol, de mutilation génitale féminine, d'agression sexuelle et de harcèlement. Cela signifie qu'il est nécessaire d'appliquer ces lois », a affirmé Didier Gbery, responsable du programme de l'ICTJ pour la Gambie, lors de l'ouverture d'un atelier en mars dernier sur l'amélioration de l'accès des victimes de VSBG à la justice. L'atelier était l'un des deux que l'ICTJ a organisés au début de 2023 pour renforcer la capacité des parties prenantes en Gambie à défendre les victimes de VSBG et à leur fournir un soutien vital sensible au genre.

Le 28 novembre, l'ICTJ organisera une conférence internationale pour explorer les synergies entre réparations et développement durable à Bogota, en Colombie. L'événement, intitulé « Faire progresser les droits des victimes et reconstruire des communautés justes : un dialogue international sur les réparations et le développement durable », réunira les partenaires de l'ICTJ de Gambie, de Tunisie et d'Ouganda ainsi que des représentants de la société civile et du gouvernement de Colombie pour discuter des stratégies locales. pour faire progresser les réparations pour les violations des droits humains et comment réparer les victimes et les communautés affectées peut contribuer au développement local et national. A cette occasion, l'ICTJ lancera également un nouveau rapport de recherche sur le sujet.

Cette étude comparative examine les stratégies utilisées par les acteurs locaux pour aider à opérationnaliser les réparations pour les victimes de violations généralisées des droits de l'homme, tout en soulignant les synergies entre ces efforts et le développement durable. Il s'appuie...

A women in colorful African dress holds a megaphone to her mouth