L'ICTJ facilite une rencontre historique entre le président syrien et les familles des personnes disparues et des détenus

11/02/2025

Le 1er février 2025, l'ICTJ a facilité une rencontre entre les membres des familles des personnes disparues et des détenus, le président de transition syrien, Ahmed Al-Sharaa, et le ministre des Affaires étrangères, Asaad Al-Shaibani, au palais présidentiel de Damas.

Lors de cette réunion, les familles et les représentants des associations de victimes ont exigé que des mesures immédiates et sérieuses soient prises pour élucider le sort des dizaines de milliers de personnes disparues et victimes de disparition forcée, révéler la vérité sur ce qui s'est passé dans les prisons et les centres de détention sous le régime d'Assad et traduire en justice les responsables des exactions. Ils ont souligné que ce problème concerne tous les Syriens et que sa résolution constitue un droit non négociable des victimes et une condition essentielle pour parvenir à la justice et à une paix durable en Syrie.

De son côté, le président Al-Sharaa a souligné l'engagement du gouvernement de transition à l'égard de la question des disparus et des personnes disparues de force et a affirmé qu'il mettrait en place un organisme dédié à cette question. Il a promis que le gouvernement maintiendrait une communication régulière avec les associations de victimes et les familles concernées. Il a en outre affirmé que les autorités ne devraient pas déclarer les personnes disparues comme décédées sans preuve concrète.

« Je suis profondément honorée et fière du rôle crucial joué par l’ICTJ dans l’organisation de la toute première rencontre entre les familles des personnes disparues et des détenus et le président et le ministre des Affaires étrangères », a déclaré Nousha Kabawat, responsable du programme syrien de l’ICTJ. « Pour la première fois, ces familles, qui ont longtemps été réduites au silence et ignorées, ont eu la possibilité de s’adresser directement au gouvernement, d’exiger des réponses et de demander justice. »

Les participants ont présenté un certain nombre de revendications urgentes et spécifiques, parmi lesquelles :

  • Garantir aux familles l’accès à toutes les informations disponibles sur leurs proches disparus ;
  • Préserver les preuves dans les prisons et centres de détention et les quartiers généraux de la sécurité, protéger les fosses communes et mettre un terme à tout acte de pillage, de vandalisme ou de violation qui pourrait compromettre la vérité ;
  • Veiller à ce que les victimes et leurs familles, aux côtés des organisations syriennes de défense des droits humains, jouent un rôle central pendant cette période et dans tous les efforts visant à parvenir à une justice transitionnelle.

Compte tenu de la complexité du problème, sa résolution nécessite les efforts conjugués du gouvernement syrien, des victimes et de leurs familles, ainsi que des organisations locales, internationales et multilatérales. L’ICTJ et ses partenaires suivront de près ces efforts et exerceront la pression nécessaire pour les faire progresser.

Depuis 2014, l'ICTJ soutient sans relâche les organisations de la société civile syrienne et les groupes de victimes. L'ICTJ a constamment défendu les victimes syriennes et facilité leur participation active aux forums internationaux, notamment aux Nations Unies et à la Cour pénale internationale. Cette réunion et leurs contributions substantielles démontrent à quel point il est important que la société civile syrienne et les victimes prennent part aux discussions cruciales sur l'avenir du pays.

« Cette étape historique est le résultat d’années de travail acharné des familles et de la société civile, qui ont fait pression pour une transition qui commence maintenant », a déclaré Kabawat. « Mais pour que cette transition réussisse, elle doit être fondée sur la justice, la vérité et la réparation. Les voix des familles doivent non seulement être entendues, mais aussi prises en compte, afin que la douleur du passé ne se reproduise plus jamais. »

_______________
PHOTO : Le président syrien Ahmed Al-Sharaa (au centre à gauche) et le ministre des Affaires étrangères Asaad Al-Shaibani (au centre à droite) rencontrent les familles des personnes disparues et des détenus ainsi que Nousha Kabawat de l'ICTJ au palais présidentiel de Damas le 1er février. (Palais présidentiel syrien)